Qu’est-ce qu’un trouble du sommeil et quelles formes prend-il ? En quoi se différencient-elles ? Quelles maladies en sont à l’origine et que faire pour retrouver un sommeil réparateur ? Découvrez les symptômes, les causes et les traitements possibles.
1, 2, 3…. 99 – cela vous arrive-t-il souvent de compter les moutons pour vous endormir ? Ou de vous réveiller la nuit sans raison pour ensuite vous agiter dans votre lit ? Dans ce cas, vous souffrez peut-être d’un trouble du sommeil. Il s’agit d’un terme générique désignant différents troubles médicaux du sommeil et du système éveil-sommeil (horloge interne). Ils concernent non seulement l’endormissement et le fait de dormir toute la nuit, mais aussi la respiration, le rythme du sommeil, les mouvements ou le comportement pendant le sommeil. Les formes varient fortement et les éléments déclencheurs sont tout aussi multiples. Les causes d’un trouble du sommeil sont psychiques ou organiques, et parfois aussi les deux en même temps.
Il n’y a pas trouble du sommeil lorsque l’on passe quelques nuits agitées d’affilée. Il en va de même si l’on a des problèmes de sommeil temporaires ou si l’on vit une brève période d’insomnie. Pour savoir si c’est une maladie qui est à l’origine de tels symptômes, il faut prendre en compte des critères fixes.
Pour se repérer, il est par exemple important de savoir si l’on a suffisamment de possibilités de dormir. Le type de symptômes et leur évolution sont également à prendre en compte. On souffre de troubles du sommeil lorsque les problèmes de sommeil ont lieu au moins trois nuits par semaine pendant au moins un mois. Si les symptômes persistent au-delà de trois mois, on parle de troubles chroniques du sommeil. Ce qui est déterminant dans cette situation, c’est la souffrance psychique de la personne concernée. Certaines personnes possèdent le gène du sommeil court. Les besoins varient selon le chronotype. Certains types s’en sortent sans problème avec moins de six heures de sommeil par nuit, d’autres ont besoin d’au moins neuf heures pour se réveiller reposés. Cependant, si, pendant une période prolongée, on se réveille le matin en se sentant irrité ou fatigué, il faut y regarder de plus près.
Néanmoins, quand un mauvais sommeil devient-il un trouble ? Il n’existe pas de frontière générale au-delà de laquelle un mauvais sommeil devient pathologique. Des critères diagnostiques spécifiques s’appliquent à chaque forme de trouble.
La classification internationale de la médecine du sommeil (CIDD-3) décrit plus de 60 troubles du sommeil différents. On peut les classer en six groupes principaux en fonction de leurs symptômes :
Les causes et déclencheurs fréquents d’un trouble du sommeil sont :
Parallèlement à tout cela, des facteurs extérieurs et liés à la situation de vie impacteront le sommeil, tels que des événements stressants, le bruit ou les réveils nocturnes fréquents d’un bébé. De tels facteurs influencent souvent considérablement le sommeil nocturne et nuisent à sa qualité.
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Bien dormir est bon pour la santé, car la nuit, tant le corps que l’esprit se reposent. Pendant ce temps, le cerveau classe les événements de la journée, les cellules se renouvellent et les défenses immunitaires travaillent à plein régime. En l’absence d’un sommeil réparateur à long terme, ces processus s’enlisent. Les effets d’un trouble du sommeil se manifestent alors d’abord dans la journée et, avec le temps, également sur le bien-être général et la santé physique.
À court terme, l’énergie, l’humeur et la concentration déclinent. Sur le long terme, les conséquences sont plus profondes et touchent aussi bien le corps que l’esprit. Un manque de sommeil persistant est mauvais pour le cœur et la circulation sanguine et augmente le risque de surcharge pondérale et de diabète. Les troubles du sommeil sont également liés à un affaiblissement du système immunitaire et à des troubles psychiques.
Selon une enquête en ligne représentative menée par Helsana en 2026 auprès de 1000 personnes âgées de 18 ans et plus, 29 % des personnes interrogées dorment moins de 6 heures en semaine, et près des deux tiers dorment moins de 7 heures. 35 % des personnes interrogées ne sont pas satisfaites de la qualité de leur sommeil. Mais la quantité de sommeil dont une personne a besoin dépend de chaque individu. En ce qui concerne les adultes, la valeur indicative est de 7 à 9 heures. Toutefois, il est bien plus important de savoir à quel point notre sommeil est réparateur et à quel point on se sent en forme pendant la journée que d’atteindre un nombre d’heures de sommeil précis.
Les troubles du sommeil sont des diagnostics médicalement reconnus. En Suisse, les médecins les classent selon la classification internationale CIM-10. Cette classification classe les troubles du sommeil en différents groupes de diagnostics qui distinguent les troubles du sommeil d’origine organique et ceux d’origine non organique en fonction de leur cause. Toutefois, ce classement en deux catégories ne s’applique pas à toutes les formes.
Le diagnostic débute généralement par un entretien avec un médecin qui aborde les symptômes selon leur type, leur début, leur fréquence et leur durée. Les durées et habitudes de sommeil ainsi que les effets sur la journée en font également partie. Les éventuelles comorbidités et les médicaments pris sont également pris en compte.
Cet entretien est suivi d’un examen physique auquel on ajoute souvent un journal du sommeil dans lequel on consigne pendant un certain temps les nuits que l’on a passées. Si l’on soupçonne un trouble du sommeil, il peut s’ensuivre des examens médicaux spécialisés. Dans certains cas, une nuit au laboratoire du sommeil permet de déterminer la cause exacte du trouble, par exemple en cas d’arrêt respiratoire ou de troubles du mouvement.
Le traitement adapté d’un trouble du sommeil dépend de son type, de sa cause, de son intensité et des éventuelles comorbidités. Il n’existe donc pas de moyen unique commun à toutes les personnes concernées. Chaque forme de trouble du sommeil nécessite sa propre approche.
Le trouble chronique du sommeil sous forme d’insomnie en est un bon exemple. Dans ce cas, on choisira tout d’abord la thérapie comportementale cognitive. Ce traitement s’attaque aux pensées, aux habitudes et au comportement en lien avec le sommeil. Si cela ne suffit pas, le traitement pourra être complété par des médicaments, sachant que les somnifères ne sont adaptés que de manière limitée dans le temps. C’est pour cette raison que les médecins adaptent chaque traitement médicamenteux à la situation sans perdre de vue les bénéfices et les risques.
Il est tout aussi important de rechercher la cause des troubles du sommeil, car si une maladie physique ou psychique est la cause des symptômes, son traitement fera partie de la thérapie. Souvent, cela permet d’améliorer le sommeil, tandis que la maladie sous-jacente guérit en parallèle.
Parallèlement au traitement médical des troubles du sommeil, nos habitudes contribuent largement à un sommeil réparateur. Les spécialistes recommandent donc d’adopter une bonne hygiène de sommeil et d’organiser sciemment son quotidien, par exemple en se couchant et en se levant à des heures aussi régulières que possible et en dormant dans un environnement calme, agréable et sombre. Évacuer le stress le soir et clôturer sa journée mentalement peut également aider. Pour remédier à de légers troubles du sommeil, on peut recourir à un rituel du soir bien établi, à une tisane apaisante ou à un bain chaud. Ces astuces et d’autres conseils pour un meilleur sommeil peuvent s’intégrer progressivement au quotidien.
Bon à savoir : quand on n’arrive pas à dormir, il est possible de rattraper une partie (mais pas la totalité) de sa récupération grâce à la méditation et à des méthodes de relaxation. Une micro-sieste de 20 à 30 minutes, par exemple après le repas de midi, sera toutefois encore plus efficace, car c’est également à ce moment-là que la régénération cellulaire s’effectue et que la mémoire se consolide davantage.
Quel que soit le moyen que vous choisissez, faites preuve de patience envers vous-même. Une bonne routine de sommeil prend du temps. Un journal du sommeil vous aidera à consigner vos nuits et à voir vos progrès. Les somnifères naturels comme la valériane peuvent également aider. Discutez-en toutefois avec votre médecin avant d’en prendre. L’avis d’un médecin est également recommandé si vos troubles du sommeil persistent ou s’aggravent.
La spécialiste a conseillé l’équipe de rédaction pour la publication de cet article. Nadia Cifarelli (BSc Psychologie, dipl. de conseillère en santé holistique) travaille aux conseils de santé d’Helsana. Elle aide la clientèle sur les questions relatives à la prévention, la nutrition et la santé mentale.
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