Septembre 2016

Sens et non-sens des «super aliments»

Superfood Goji Beeren gross
Les baies de goji comptent parmi les super aliments. Mais ceux-ci sont-ils vraiment aussi incontournables qu'on le prétend?

Saviez-vous que le terme «super aliments» n’avait ni définition claire ni base légale? Le nombre de super aliments ne cesse d’augmenter et l’éventail de produits est toujours plus grand. On les retrouve dans des groupes d’aliments très différents. Il peut s’agit de graines (p. ex. le chia), de baies (p. ex. l’açai) ou de légumes anciens (p. ex. le kale, également appelé chou frisé ou chou vert), pour n’en nommer que quelques-uns. On prête à tous les super aliments des vertus quasi miraculeuses. Ils sont censés fournir à notre corps un supplément de nutriments essentiels et agir contre la fatigue, le vieillissement et contre tout type de maladie. Or la plupart de ces affirmations ne reposent pas sur des données scientifiques. Il n’existe à ce jour aucun élément de preuve montrant des bienfaits concrets attribuables à la consommation ciblée de super aliments. C’est davantage le style de vie – l’activité physique et la détente y contribuent aussi, en plus de l’alimentation – qui influence la santé des personnes, et non pas des produits isolés.

Le transport nécessaire pour acheminer certains super aliments jusqu’à nous doit également être examiné d’un œil critique. Les baies de goji proviennent souvent de Chine, les graines de chia, de l’Amérique du Sud, et les baies d’açai, de l’Amazonie. Il convient en particulier de s’interroger sur la nécessité de ces longs trajets lorsque nous disposons d’aliments locaux dont les propriétés nutritives sont comparables à celles de leurs pendants exotiques. Par exemple les graines de lin cultivées ici n’ont rien à envier aux graines de chia quant à leur teneur en acides gras oméga-3. Les myrtilles sont comparables aux baies d’aronia venues de loin et le quinoa ne possède guère plus de vertus que le millet.

Stéphanie Hochstrasser, diététicienne BSc BFH

Stéphanie Hochstrasser Stéphanie Hochstrasser travaille auprès de la Société Suisse de Nutrition (SSN) à Berne. Elle dirige Nutrinfo, un service d’information nutritionnelle gratuit qui répond à des questions en lien avec l’alimentation.