Vue d’ensemble

«L’art est un moyen de communication universel»

Kunsttherapie

Dietrich von Bonin lors d’un exercice pratique. Les tiges sont tenues de manière souple, mais ne doivent pas tomber par terre. Durant l’exercice, les partenaires doivent veiller à leur respiration.

Les murs sont peints en rose, les rideaux sont bleu tur­quoise et le sol en bois est fraîchement enduit. Hor­mis un bureau placé dans un angle et un ballon de gymnastique faisant office de fauteuil, le bureau de Dietrich von Bonin est vide. «J’ai besoin d’espace pour mes patients qui peuvent rester debout ou évoluer dans la pièce», relève notre interlocuteur. Art-thérapeute de profession, il travaille dans un cabinet de groupe si­tué à Berne. Il traite des patients souffrant de troubles du sommeil, d’anxiété, de burnout, de problèmes gas­triques ou de traumatismes divers. Il épaule les per­sonnes venant de prendre connaissance d’un diagnos­tic de cancer. «L’art est un moyen de communication universel.»

L’ar t-thérapie s’est implantée aussi bien dans les hôpitaux que dans les cliniques privées. Elle englobe d’autres thérapies (par le mouvement, la danse, le drame, la parole, les ar ts plastiques, la peinture et la musique) ainsi que la thérapie inter médiale qui utilise l’ensemble de ces moyens d’expression. Thérapeute par la parole, Dietrich von Bonin pratique également la thérapie par le drame, «une spécialité de l’ar t-théra­pie», comme le relève le dynamique quinquagénaire. Acteur à ses débuts, il a suivi une formation pour se dédier à l’art-thérapie. Le désir d’allier l’art à la science et la fascination exercée par la discipline expliquent son or ientat ion profession nelle. Depuis plus de 15 ans, Dietrich von Bonin se consacre dans le cadre de l’Uni­versité de Berne à la recherche sur les effets de l’art­thérapie et fonctionne en tant qu’expert aux examens pour le diplôme fédéral en ar t-thérapie pour toutes les spécialisations.

Durant ses séances, notre interlocuteur se concentre sur la respiration, la voix, la gestuelle et le langage du patient. Il recourt souvent à la poésie, dont un des poèmes d’amour de son auteure préférée, Rose Ausländer (1901–1988). Pour apprendre au patient à respirer de manière consciente, il lui fait répéter d’abord un, puis deux et enfin toute une série de sons.

L’une des patientes de Dietrich von Bonin souffrant de troubles du rythme cardiaque a pu guérir grâce à des vers récités de manière rythmée, une méthode qui a eu un effet bénéfique sur sa technique respiratoire. Il est essentiel aux yeux du thérapeute que ses patients apprennent à se responsabiliser et balayent l’idée qu’ils sont victimes du destin. «Prendre conscience de cette réalité se reflète favorablement sur la mala­die», renchérit von Bonin. Un ancien patient qui souf­frait de graves problèmes pulmonaires confirme cette thèse: «Les exercices quotidiens impliquant la parole étaient devenus une nécessité», se remémore-t-il. Il a réussi ainsi à maîtriser durablement son hyper venti­lation et ses problèmes de détresse respiratoire.

Texte: Sibylle Stillhart

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